Nature Urbaine
2001
Ces travaux ont été réalisées suite à une série de réflections sur l'intervention de l'homme dans la nature.
Nature omniprésente... en ville comme à la campagne, domptée par l'homme. Les ravages que l'homme lui fait subir ne l'empêchent pas de proliférer. Les mauvaises herbes sur le bitumes et les tremblements de terre nous rappellent avec plus ou moins de violence qui est le plus fort.
C'est bien là le problème de l'homme qui s'octroie le droit de tout contrôler, de tout dominer.
Nature remodelée, nature artificielle...
Mère Nature
Cette installation invite à une réflexion poétique et critique sur la relation complexe qu’entretient l’Homme avec la nature.
L’image d’une forêt projetée sur un écran translucide crée une sensation d’immersion dans un espace naturel. La forêt, qui évoque la nature sauvage et le cycle de la vie, est ici réduite à une image contrôlée et fragmentée, reflétant la manière dont l’Homme tente de domestiquer ou de représenter la nature à travers ses propres filtres technologiques et culturels.
La présence d’une visionneuse au centre de l’écran invite le spectateur à s’engager activement avec l’œuvre. En y collant son œil il découvre une échographie, une image de l’intérieur de la vie humaine à son stade le plus fragile et primordial. Ce contraste crée une dualité puissante entre l’organique et le technologique, le macrocosme de la nature et le microcosme de la vie humaine. L’association de l’échographie avec la forêt met en lumière le lien originel entre l’Homme et la nature. Cette visualisation d’une nouvelle vie suggère aussi la vulnérabilité de la nature face aux actions humaines.
Cette œuvre interroge la manière dont l’Homme perçoit et traite la nature : est-elle un espace à exploiter, une mère nourricière, ou simplement une ressource à déchiffrer par des moyens scientifiques? En superposant ces éléments, elle invite à une prise de conscience sur l’impact de nos actions et notre capacité à renouer avec un équilibre respectueux envers le vivant. C’est une création qui mêle poésie visuelle et réflexion écologique, tout en incitant le spectateur à un regard intime et introspectif.



Nature Urbaine
Cette œuvre est une brillante métaphore visuelle. En remplaçant le feu vert classique par un arbre stylisé, elle crée un lien direct entre les notions de signalisation urbaine et la nature, soulignant le contrôle et l’appropriation que l’homme exerce sur son environnement naturel.
Le feu tricolore, symbole de régulation et de contrôle dans les villes, contraste avec la forme organique et indomptable de l’arbre. Cela suggère que, malgré les tentatives de l’humanité pour “dompter” la nature à travers l’urbanisation, cette dernière persiste, s’adapte et parfois même prolifère dans des contextes artificiels.
En même temps, cette œuvre semble poser une question critique : dans quelle mesure l’homme impose-t-il sa volonté sur la nature, et à quel prix ? Le feu vert en forme d’arbre peut aussi symboliser un feu vert donné à la croissance urbaine, mais aussi à une réconciliation possible entre urbanisme et écologie. La tension entre destruction et résilience de la nature est au cœur de ce travail.
C’est une réflexion riche qui invite à reconsidérer notre rapport à l’environnement, à la fois dans son omniprésence et dans sa fragilité face aux interventions humaines.

Natures Mortes
Cette série est une critique puissante de l’impact des activités humaines sur la nature. Chaque élément illustre un outil de destruction couramment utilisé:
Le marteau-piqueur reflète l’exploitation des ressources naturelles à une échelle mondiale, avec un impact souvent irréversible. L’utilisation de la mappemonde souligne la globalité du problème, où aucune région n’est épargnée.
La tronçonneuse évoque la déforestation, la perte des écosystèmes forestiers et la transformation de la nature en matériaux artificiels ou industrialisés. Le faux bois pourrait aussi symboliser la substitution de l’authentique par des produits factices.
La tondeuse à gazon critique la standardisation des espaces verts et l’artificialisation de la nature. Cela met en lumière notre obsession pour le contrôle et l’esthétisation de la nature, souvent au détriment de sa biodiversité.
Ensemble, ces œuvres montrent comment l’humain utilise des outils de transformation et de destruction dans une quête de domination qui finit par dénaturer le vivant. Elles invitent à une réflexion sur nos pratiques, notre rapport à la nature et les conséquences écologiques.

Nativité
Cette installation détourne l’arbre de Noël, symbole traditionnel de célébration et de convivialité, pour en faire un objet de réflexion critique sur la destruction de la nature.
Les visionneuses en guise de décorations montrent des images de nature abîmée (bois coupé, détritus, pollution, etc.) qui contrastent fortement avec l’esthétique festive et joyeuse du sapin de Noël. En invitant le visiteur à regarder à travers les visionneuses, l’œuvre pousse à une prise de conscience intime, presque personnelle, des conséquences de nos actions sur l’environnement.
Le sapin, habituellement vu comme un élément de la nature magnifié et célébré, devient ici un rappel de la fragilité de l’environnement. Le fait qu’il soit orné d’images de nature souillée au lieu de boules décoratives questionne nos pratiques culturelles qui consomment et transforment la nature sans toujours en mesurer les conséquences.
Le titre “Nativité”, associé à la naissance et à l’espoir, accentue le contraste entre le message de dégradation écologique et l’idée de renaissance ou de salut. Cela invite à réfléchir sur un nouveau rapport à la nature, où la prise de conscience pourrait être le début d’un renouveau.
En somme, cette œuvre propose une expérience immersive et engageante, transformant un rituel familier en un message percutant sur notre responsabilité collective envers l’environnement. Elle interpelle sur notre rapport souvent ambigu entre célébration de la nature et sa destruction.

Nature Virtuelle
Cette installation offre une réflexion puissante et symbolique sur la déforestation et ses impacts. La mise en place d’une imprimante, programmée pour reproduire à l’infini une image d’une forêt, constitue un parallèle direct avec la consommation excessive des ressources naturelles. Chaque impression matérialise la destruction progressive de cette image, à mesure que les cartouches d’encre s’épuisent.
Cette œuvre montre comment les activités humaines, même dans un contexte technologique, peuvent entraîner l’effacement progressif de la nature. Le geste répétitif de l’impression agit comme une métaphore de l’exploitation systématique des ressources forestières. La disparition graduelle de la forêt imprimée est un rappel brutal de l’impact irréversible de cette consommation.
Le contraste entre l’image numérique initialement “intacte” et la matérialisation physique, qui se détériore au fil du temps, souligne également la tension entre le virtuel et le réel. Cela pose la question suivante : pouvons-nous réellement recréer la nature que nous détruisons, ou ne produisons-nous qu’une copie incomplète et éphémère ?
Cette œuvre invite à une prise de conscience sur les limites de notre planète et les conséquences écologiques de nos actions, tout en interrogeant le rôle de la technologie dans ce processus.
Nature Morte
Cette installation est un regard sur la chaîne industrielle de transformation du bétail, tout en confrontant le spectateur à une réflexion éthique et esthétique sur la consommation de viande. Il s’agit de la projection d’un documentaire vidéo sur l’abattage du bétail sur une peau de vache. Montrer sans filtre la réalité, de l’arrivée des bêtes à l’abattoir jusqu’à leur transformation en viande, force le spectateur à affronter ce qui est souvent occulté dans les pratiques de consommation. Cette transparence brutale dérange, brisant le confort du déni. Le choix de la peau de vache en guise d’écran de projection renforce l’impact émotionnel de l’œuvre en rappelant directement l’origine animale des produits carnés. La peau, partie intégrante d’un être vivant, devient ici un écran, un support inerte, déshumanisé, qui renvoie à la manière dont l’industrie traite les animaux comme des objets.
Le titre, “Nature Morte”, traditionnellement lié à un genre artistique qui représente des objets inanimés (notamment des animaux morts), joue ici sur son double sens. L’installation rappelle la perte de vie et invite à une réflexion sur la mortalité et la valeur qu’on accorde à la vie animale.
Cette œuvre crée une tension entre la violence du sujet, la matérialité de la projection (la peau) et le médium artistique. Ce contraste met en lumière notre rapport paradoxal à la viande : attraction et répulsion, désir et culpabilité. C’est une réalisation percutante qui transforme un sujet controversé en une expérience artistique et éthique, amenant le spectateur à s’interroger sur ses habitudes, ses valeurs et sa place dans une chaîne de production souvent déshumanisante.
Natures Urbaines
Cette série de photographies instantanées agrandies offre une vision poétique et critique de la campagne en voie d’urbanisation. L’utilisation du Polaroïd, un médium caractérisé par son caractère instantané et son esthétique douce, confère aux images une qualité nostalgique, presque mélancolique. Elle évoque un monde rural fragile, à la fois intime et menacé par la modernité.
Les clichés alternent entre des détails de la nature (pissenlits, champs, arbres) et des éléments de l’activité humaine (structures industrielles, déchets, infrastructures agricoles). Ce contraste met en évidence l’impact de l’urbanisation et de l’intervention humaine sur le paysage rural. Les images de la nature rappellent un mode de vie simple et organique, tandis que les objets manufacturés et les installations agricoles traduisent une transformation, voire une intrusion.
Chaque photo fonctionne comme un fragment de mémoire, témoignant d’un lieu ou d’un moment unique. Cependant, l’ensemble compose une narration plus vaste : celle d’un espace en mutation, où la campagne traditionnelle cède lentement la place à une urbanisation galopante. Ce travail interroge la manière dont le progrès et l’expansion urbaine redéfinissent notre rapport à la nature et au paysage.
En fixant sur pellicule ces instants fugitifs, l’artiste semble vouloir préserver la beauté et la singularité d’un monde en train de disparaître. La série invite à une réflexion sur la valeur des espaces ruraux et sur la nécessité de les protéger face aux pressions croissantes de l’industrialisation et de l’urbanisation.

Scène de Crime
Cette intervention utilise un symbole fort et visuellement saisissant pour dénoncer l’impact négatif de l’activité humaine sur la nature. En traçant la silhouette d’un arbre mort sur le sol, comme les silhouettes de corps utilisées par la police sur les scènes de crimes, l’œuvre établit un parallèle explicite entre la destruction des écosystèmes naturels et un acte criminel.
L’arbre mort devient ici une victime, témoin silencieux de la violence environnementale perpétrée par les activités humaines. Ce choix artistique interpelle immédiatement le spectateur, transformant l’espace d’exposition en une scène de deuil et de réflexion. La juxtaposition entre l’arbre vivant (le sapin au fond de l’installation) et la silhouette morte renforce le message : la nature, bien qu’encore présente, est en danger imminent.
Cette œuvre soulève également des questions éthiques et sociales, en confrontant les spectateurs à leur propre responsabilité dans cette destruction. Elle met en lumière la fragilité de notre environnement et rappelle que chaque arbre abattu ou écosystème détruit laisse une trace irréversible, comme un crime contre la vie elle-même.
Le tracé au sol, simple mais symbolique, engage une réflexion collective et souligne l’urgence d’un changement de comportement. En inscrivant l’empreinte de l’absence, l’œuvre invite à une prise de conscience profonde face à une nature en péril.
